Le plateau du Combalou ne serait qu'un beau paysage sans ses fleurines, ces failles d'air qui transforment chaque galerie en cave d'affinage naturelle.
Une fleurine, dans le langage des affineurs, c'est une cheminée invisible. L'air extérieur s'enfonce dans la masse rocheuse du plateau, se rafraîchit au contact de la pierre, se charge d'humidité, puis ressort lentement dans les caves où reposent les fromages. Ce ballet d'air est permanent, indépendant des saisons et des hommes. Été comme hiver, la température reste fraîche et l'hygrométrie élevée.
Ce sont précisément ces conditions qui permettent au Penicillium roqueforti de s'épanouir avec finesse. Trop sec, il s'étiole ; trop chaud, il s'emballe. Sous le plateau du Combalou, il trouve un équilibre que les caves industrielles tentent encore d'imiter sans jamais l'égaler. La nature règle ce qu'aucun thermostat ne sait régler tout à fait.
À la Maison Carles, l'affineur lit ces variations comme un marin lit le vent. Il déplace les pains, les retourne, les approche ou les éloigne d'une fleurine selon le rythme de la cave. Pour aller plus loin sur ce sujet, plongez dans notre page dédiée aux fleurines et caves naturelles.